Au secours ! Je suis fiché(e) FICP, que faire ?

Vous êtes nombreux chaque année à vous poser la même question face à un conseiller bancaire qui louche en pleine simulation de votre demande de crédit ou lorsque vous recevez la lettre de votre créancier qui vous annonce votre inscription au Fichier des Incidents de Crédit des Particuliers (FICP) : que faire ?


Du calme ! Voyons déjà de quoi il s'agit :


Le FICP est un fichier géré par la Banque de France qui recense tous les crédits sur lesquels vous présentez un retard de paiement supérieur à 60 jours. C'est simple comme bonjour : si vous êtes FICP, c'est qu'il y a quelque chose qui cloche sur un de vos crédits et il va falloir traiter ça au plus vite.


Attention, un petit rappel s'impose : votre autorisation de découvert bancaire est un crédit à la consommation. Eh oui ! Et il ne fait pas exception à la règle : vous pouvez être FICP pour un découvert non-régularisé.


Votre inscription est maintenue durant 5 ans dans le fichier à moins que vous ne désintéressiez votre créancier avant la date butoir. Pour le désintéresser, il faut, selon l'ordonnance d'octobre 2010, le payer intégralement.


Chaque banque que vous solliciterez devra obligatoirement consulter ce fichier avant de vous octroyer un crédit : ce qui signifie que vous serez (à de très rares exceptions près) systématiquement refoulé(e).


Comment réagir ?


D'abord, il faut vous procurer votre relevé de fichage FICP. Ce document est édité par la Banque de France (généralement, à l'antenne locale). Vous pouvez faire votre démarche en ligne sur l'espace particuliers du site de la BDF. Munissez-vous d'une pièce d'identité et, mesdames, attention de bien vérifier votre fichage à votre nom de jeune fille ainsi qu'à votre nom marital au moment de la signature du contrat de prêt.


Ce document est capital parce qu'il vous permettra de vérifier qui vous fiche et pour quoi (et, foi de professionnel, il y a régulièrement des surprises).


Passez aussi un coup de fil à votre créancier (votre banque) pour échanger avec lui et connaître les mesures mises en place par l'organisme pour gérer ce type de situation. Doublez cet échange d'un mail (on n'est jamais trop prudent).


Ensuite, il y a deux cas de figures. Si vous êtes fiché(e) FICP pour un crédit sur lequel vous n'avez que quelques mensualités de retard (généralement deux, c'est logique) alors vous devez réagir (très) vite afin de ne pas laisser la situation s'aggraver et vous retrouver dans le deuxième cas de figure.


En effet, dans le second cas de figure, votre banque a prononcé la déchéance du terme et, là, vous vous retrouvez coincé(e) dans l'étau fatal : d'un côté vous devez la totalité du capital restant dû du prêt (donc, en général, une somme énorme) et, de l'autre côté, le fichage FICP vous empêche d'emprunter cette somme afin de la ré-étaler dans un crédit classique. C'est l'engrenage.


Dans le premier cas de figure, il faut TOUT tenter. Ce n'est pas le moment de louper les étrennes de tata Huguette ou, plus sérieusement, de ne pas avertir votre entourage afin de solliciter de l'aide. Il vaut mieux devoir 300 € que 3 000 € à la famille... Vous pouvez aussi (tenter de) demander à votre créancier de ne pas prononcer la déchéance du terme (spoiler alert : faites-vous accompagner par un professionnel et priez).


Dans le second cas de figure, c'est plus complexe. Soit vous attendez cinq ans et tentez de trouver, d'ici là, un terrain d'entente avec votre créancier (ce qui ne sera pas chose aisée), soit vous vous tournez vers un professionnel (par exemple : nous 😌 ) pour vous aider. Des solutions de refinancement existent : elles ne sont pas accessibles pour tous (ni même souhaitables pour tous) mais elles sont plus accessibles qu'on ne pourrait le croire. Aucune obligation d'être propriétaire, par exemple, pour bénéficier de la solidarité financière.


Dans cette opération, votre accompagnant va mettre votre endettement sur le marché (c'est plus complexe que ça, mais on fait vite) et des investisseurs vont profiter de l'aubaine pour l'acquérir directement auprès de votre créancier moyennant une plus-value. Le créancier devra alors vous déficher sous 48 heures suivant l'opération, ce qui vous permettra d'emprunter la somme nécessaire pour payer les investisseurs. Là encore, le choix du professionnel qui va vous accompagner sera crucial puisque les investisseurs en question n'ont pas les reins des grosses institutions financières et, si vous ne parvenez pas à remprunter rapidement pour les payer (en cas d'erreur de calcul ou de défaut d'accompagnement), ils n'hésiteront pas à reprendre (et à durcir) le recouvrement contre vous.


Lorsque le refinancement n'est pas possible, tout n'est pas perdu. Il existe des accompagnements adaptés qui vous permettront de mieux vivre le recouvrement (voire de vivre normalement), de le faire durer moins longtemps, d'éviter qu'il ne vous génère des frais supplémentaires ou qu'il finisse par contaminer votre entourage. Encore et toujours, faites-vous accompagner par un professionnel, ça ne sera jamais chose vaine.


Et si je ne suis pas d'accord avec le fichage ?


Là, ce n'est plus d'un professionnel de la gestion de passif dont vous avez besoin mais d'un avocat.


En allant vérifier votre fichage à la Banque de France, inutile d'alpaguer le guichetier sur votre situation, encore moins sur l'injustice dont vous pensez être victime. La Banque de France ne fait que tenir le registre et ne représente en aucun cas un recours.


Si vous pensez que vos données sont indûment contenues dans le fichier (par exemple : si vous avez payé l'intégralité de la dette il y a plus de 48 heures), vous pouvez saisir la CNIL, qui fait autorité en la matière.


Pour le reste, l'avocat décidera de porter le litige devant le tribunal ou l'autorité compétente en fonction de savoir si c'est la façon dont votre créancier vous a fiché qui pose problème ou le prêt objet du fichage.


Vous pouvez aussi vous adresser à une association de consommateurs ou au médiateur proposé par votre banque (celle qui vous fiche) et, si vous ne savez pas comment faire, demandez-lui, elle est obligée de vous expliquer.


Mandatez un professionnel !


Pas très original, désolé, mais c'est le moment de parler de nous. En effet, être accompagné par un professionnel, de la gestion de passif et/ou du droit en fonction des cas, vous permettra d'adopter les bons réflexes, de ne pas faire les mauvais choix et d'opter pour une stratégie construite qui, à court, moyen ou long terme, vous évitera bien des frais et des tracas.